Notice historique

La famille Pictet de Genève, protestante, est originaire de la paroisse de Neydens où elle était possessionnée depuis la première moitié du XIVe siècle. Ce village au pied du Salève, proche de Saint-Julien, aujourd'hui dans le département de la Haute-Savoie, a appartenu jusqu'à la Réforme aux évêques de Genève, en tant que seigneurs temporels du mandement de Peney. La filiation commence avec Mermod qui se reconnut homme de lige censit de l'évêque en 1344. Son arrière petit-fils (une génération a été omise dans l'arbre généalogique présenté sur ce site, pour le compléter veuillez vous référer à la brochure Les Pictet à Neydens: Quelques découvertes sur les premières générations de la famille, à télécharger sous la rubrique "Publications"), prénommé Pierre, fondateur avec son frère, curé de Neydens, d'une chapelle dans l'église paroissiale, acquit le droit de cité (ou bourgeoisie) en se faisant recevoir dans la Commune de Genève le 14 octobre 1474. Ses descendants ne se sont cependant enracinés dans la cité qu'à la septième génération avec Mermet Pictet, qui y acquit une maison en 1539 et fut adjoint au Conseil en 1540. Avec son fils Ami (1536-1607), notaire, élu syndic de la Rébublique en 1575, la famille accéda à la plus haute magistrature que onze de ses descendants revêtiront sous l'ancien régime.

Plusieurs de ses membres ont encore joué un rôle en vue durant la période d'annexion à la France, et, depuis l'entrée de Genève dans la Confédération suisse en 1815, avec plusieurs conseillers d'Etat et députés aux Chambres fédérales. La famille a aussi compté vingt-cinq officiers dans le service étranger, dont trois officiers généraux au service de Piémont-Sardaigne. Plusieurs ont été pasteurs et professeurs, adonnés aux sciences; quatre ont été membres ou correspondants des Académies de Berlin, de la Royal Society de Londres et de l'Institut (Académie des sciences) au XVIIe, XVIIIe et XIXe siècle. Depuis le XIXe siècle, six générations ont contribué à l'essor de la banque familiale appelée aujourd'hui Pictet & Cie; pour plus d'informations sur celle-ci et son histoire, consulter son site (www.pictet.com).

Armes: coupé au 1) de sinople au lion issant d'or, au 2) d'argent maçonné de sable; cimier: un lion issant d'or entre deux demis-vols de sable; supports de lions. Devises: bien faire et laisser dire; sustine et abstine. Le plus ancien cachet est au testament du syndic Jacques, mort en charge en 1629.

Isaac Pictet (1638-1704), étudiant à Heidelberg en 1656, a été nommé gentilhomme de sa chambre par Charles-Louis comte Palatin du Rhin. Son fils François (1667-1749), a été fait gentilhomme de sa chambre par Frédéric Guillaume, Electeur de Brandebourg, par lettres du 10 novembre 1687. Jacques Pictet (1705-1786), lieutenant général au service de Piémont-Sardaigne, a reçu du roi Charles Emmanuel III le titre héréditaire de comte, le 5 novembre 1756. Charles-René Pictet de Rochemont (1787-1856), conseiller de cour du tsar Alexandre Ier, chevalier de l'ordre de Sainte-Anne, chambellan du roi de Bavière et son ancien chargé d'affaires à Paris, a reçu le même titre du roi de Sardaigne Charles-Albert le 7 juillet 1840. Pierre Pictet (1724-1813), seigneur de Sergy au pays de Gex, a été reconnu noble d'extraction en France sur preuves datant de 1575, par lettres du 26 septembre 1777. Il a pris part, le 16 mars 1789, avec son parent le comte Isaac Pictet (1746-1823), gentilhomme de la chambre du roi de Hanovre, à l'assemblée de la noblesse pour l'élection des députés du bailliage de Gex aux Etats-Généraux. Le même Pierre Pictet, ancien colonel au service de France, a été créé chevalier de l'Empire par lettres du 18 mars 1809. Ce titre a été aussi accordé à Marc-Auguste Pictet (1752-1825), membre du Tribunat pour le département du Léman, en mars 1808, et à Jacques Pictet (1777-1816), colonel, chef d'escadron dans les dragons de la garde impériale, le 21 septembre 1808.

La famille s'est divisée en trois branches au début du XVIIe siècle avec les trois fils du conseiller et syndic Jacques (1576-1629), fils d'Ami ci-dessus.

Illustration: Anonyme, "Geneva Civitas", pour Pierre Chouet, 1655, BGE, Genève.